Alechinsky, Pierre : Alechinsky d’après nature

Couleur, 20’, 1970
Réalisation : Luc de Heusch
Scénario : Luc de Heusch
Image : Denys Clairval
Montage : Nicole Berckmans
Son : Philippe Cape
Musique : Michel Portal, Barre Phillips, Jean-Pierre Drouet
Commentaire : Luc de Heusch dit par Claude Rich
Coproduction : Albina Production (Paris), Luc de Heusch (Bruxelles)
Pays : Belgique, France

Le travail de l’artiste est présent dès la première image. Bruit de papier déroulé qui devient musique, préparation du pinceau, impression d’un rituel qui tient à la fois des gestes du bon artisan et de quelque chose de fort, comme le torero qui entre dans l’arène. C’est lui aussi qui termine le film dans une longue et très belle séquence où le peintre fait un tableau sur fond sonore du rythme des gilles. 0n a assisté en condensé et en urgence à la fête créative. Entre les deux, en découpage rapide, en accéléré, en coloriage, en dessin animé, en surimpression, Luc de Heusch nous propose d’entrer dans le monde d’Alechinsky, son bestiaire ironique, sa vie, ses voyages, son goût de la flûte et du Japon. Il y a un tempo joyeux, iconoclaste, impertinent qui fait de ce film le contraire d’un document didactique. Il nous propose un accompagnement ludique, roboratif et intelligent de l’esprit Cobra.

Pierre Alechinsky
Peintre, calligraphe et écrivain belge né en 1927. S’il fait des études de typographie, l’important pour sa formation sont "les lectures et les vadrouilles" et l’essentiel sa rencontre en 49 avec Christian Dotremont et le groupe Cobra. Après la dispersion du groupe, il part à Paris. Il rencontre Giacometti et Breton, entre dans divers" salons" (octobre, mai), part au Japon, en Norvège, en Laponie, installe un atelier à New York et en Provence, est exposé dans le monde entier et au Guggenheim en particulier, accumule le travail, les prix, les illustrations, les textes.

Luc de Heusch (1927-2012)
Cinéaste, ethnologue et écrivain, né à Bruxelles en 1927. Professeur à l’U.L.B. et à l’Ecole des Hautes Etudes, ami de Jean Rouch et de Germaine Dieterlin, il a publié dans la bibliothèque des sciences humaines des ouvrages sur les mythes et la royauté en Afrique qui font autorité. Cobra lui ouvrira la peinture, Henri Storck le cinéma. Il a fait des films sur l’Afrique, sur l’art, sur la Belgique en ethnologue de l’intérieur. La fiction ne le tentera qu’une fois avec "Jeudi on chantera comme dimanche" (1967)