Hine, Lewis : America and Lewis Hine

Noir et Blanc, 58’, 1984
Réalisation : Nina Rosenblum, Daniel V. Allentuck
Son : Maurice Schell
Montage : Lora Hays, Gerald Donlan
Commentaire : Jason Robards, Maureen Stapleton, John Crowley
Coproduction : Daedalus Productions Inc. and The Television Laboratory
at WNET/ Thirteen
Pays : Etats-Unis

Hine est un très grand photographe, un de ceux qui ont laissé avec Evans, et quelques autres, les images les plus fortes de l’Amérique. Il a été un homme d’un courage et d’une générosité admirables puisqu’il a axé tout son travail sur la dénonciation des injustices sociales : les émigrants, les mineurs, le lumpenprolétariat, le quart-monde, les rejetés de la prospérité américaine. Indigné par le travail des enfants, il a fait, pendant des années, des reportages hallucinants qui ont enfin permis de l’interdire : ses images seules avaient gagné ce que le jeu politique ne permettait pas d’obtenir. Le film retrace chronologiquement sa vie, sa formation, ses reportages, ses options jusqu’à sa mort dans la misère en 1940. Walter Rosenblum, qui l’a bien connu, témoigne de l’homme qu’il était et de ses idées. Le film est construit comme un documentaire social et le récit de la vie militante d’un homme qui haïssait l’injustice. Evidemment, il y a beaucoup de bouleversantes photos d’Hines mais elles ne sont pas filmées comme des photographies, c’est-à-dire des images fixes et cadrées mais comme des séquences émouvantes mises en mouvement pour pathétiser le propos. Un commentaire militant et une musique mélo renforcent ce côté document socio-poignant. Il emporte évidemment l’adhésion mais on aurait parfois gagné à être plus près du regard de Hine qui a une force extraordinaire. La bande son envahit l’image, qui pourtant a elle seule dit tout, et fait redondance.

Lewis Hine (1874-940)
Photographe américain dont le travail a toujours témoigné d’un très grand engagement social. Il étudie le dessin, la peinture, la scénographie puis la sociologie et la pédagogie. Sa carrière sera faite de grands reportages : 1905 : les immigrants qui débarquent à Long Island, 1908 : la vie des mineurs, 1930 : l’Empire State Building, 1932 : " Les hommes au travail". Il travaillera pour la Croix Rouge et la grande oeuvre de sa vie est d’avoir, par ses images sur le scandale des enfants au travail, alerté l’opinion et amené la législation à les protéger. Il mourra dans une demi-misère et un semi-oubli à New York en 1940.