C’est assez bien d’être fou

Réalisateurs : Antoine Page, Bilal Berreni
Image : Antoine Page
Son : Antoine Page
Montage : Antoine Page
Production : La Maison du Directeur, Ambiances..., vià Vosges
Participation : Centre Wallonie-Bruxelles, CNC, Procirep, Région Franche-Comté


Un road movie ne serait pas un road movie sans la présence d’un camion qui n’avance pas, qui cale, s’embourbe, qu’on doive pousser jusqu’à ce qu’il tombe en panne sèche. Un road-movie artistique ne serait rien si, au gré des rencontres, des oeuvres ne trouvaient pas leur place sur le chemin… Une figure de vache gigantesque sur une grange. Des silhouettes blanches de marins peintes sur la coque d’un navire rouillé. Une incroyable installation sur les marches d’Odessa en hommage au - non moins incroyable- ’Cuirassé Potemkine’ de Sergueï Eisenstein. Si le film porte une grande attention à la réalisation du travail de Bilal Berenni qui se nourrit à la fois des lieux et des rencontres, il met aussi en scène la reconstitution des moment vécus avec de petites silhouettes de papiers découpées qui rejouent le voyage sur un mode proche du théâtre d’ombres. Et c’est peut-être ce mode ludique, entre western et conte-documentaire qui cherche à compenser la profonde mélancolie qui se dégage du monde qui les entoure, un monde qui semble avoir perdu ses rêves et ses idéaux. Tourné bien avant ’Visages villages’ qui semble en comparaison une pâle copie, ’C’est assez bien d’être fou’ tire sa puissance à la fois des oeuvres réalisées et de sa façon de se réapproprier le réel et d’ouvrir son imaginaire.