Lafontaine, Marie-Jo : Des Ombres

Couleur, 28’, 1994
Réalisation : Bernard De Wil et Alexandre Vanautgaerden
Image : Bernard De Wil
Son : Jean-François Duchâteau
Montage : Serge Nagels
Musique : Todor Todoroff
Entretien : Alexandre Vanautgaerden
Voix : Julia Garden - Van Haute
Pays : Belgique

Un film de citations et d’explications des travaux de Marie-Jo Lafontaine depuis 1986. Une voix off, qui dit un texte écrit par les réalisateurs, pose d’emblée la difficulté d’approche d’une forte personnalité comme Marie-Jo Lafontaine, vidéaste et sculpteur vidéo, peintre de monochrome, photographe (mais ses photos sont des tableaux), artiste conceptuelle, auto-théoricienne. Il ne s’agit donc ni d’un portrait d’artiste ni d’une biographie ni d’un regard sur l’entièreté et l’évolution d’une oeuvre. Le film est construit en deux volets. Le premier reprend des extraits de deux oeuvres vidéo "Les larmes d’acier" et "Passio" et présente un travail photographique "Les étoiles filantes", les trois brièvement commentés en voix off. Ensuite les interventions et installations que l’artiste fera à Munich, à La Haye et à Aalborg "We are all shadows", "Jeder Engel ist schrecklich", "Archief" seront à la fois montrées in situ et seront expliquées par l’artiste qui s’entretient avec Alexandre Vanautgaerden. Le film présente donc, dans une structure purement chronologique, les principaux travaux marquants de Marie-Jo Lafontaine de 1986 à 1994. Si cette structure additionnelle (un travail plus un autre, plus un autre) est très minimaliste, elle a l’avantage de bien montrer les oeuvres et surtout laisse la parole à une artiste qui s’exprime avec clarté et lucidité. La musique de Todoroff dynamise cette structure classique en opérant une montée dramaturgique progressive.

Marie-Jo Lafontaine
Née à Anvers en 1950. Vit à Bruxelles et en Allemagne où elle a été nommée, en 1992, professeur à l’école d’art de Karlsruhe. Après des études à l’école de la Cambre, elle obtient le prix de la jeune peinture avec ses premiers travaux, des environnements de textile monochrome. Très vite elle s’intéressera à la vidéo et elle réalise avec ce média,
depuis 1979, des environnements très forts qu’elle bâtit comme des sculptures. Elle prolonge ce travail sur l’image avec des photographies - généralement visages ou corps - de très grand format qu’elle associe à des peintures monochromes. Toute son oeuvre s’axe sur des thèmes comme la force du désir, les rapports de violence, la sublimation du corps par la beauté ou la souffrance.

Les deux réalisateurs
Alexandre Vanautgaerden est conservateur du musée Erasme et Bernard De Wil photographe. Ils ont abordé le cinéma en autodidactes autour d’un projet qu’ils ont développé avec une maison de production amie, faire des films sur l’art contemporain en Belgique. Dans ce cadre ils ont déjà réalisé, entre autres, un film consacrée à l’artiste Madeleine Martin-Haupert et une présentation du musée d’art contemporain d’Anvers,
le Muhka.