Freund, Gisèle : Gisèle Freund - Au pays des visages

Couleur, 45’, 1972
Réalisation : Frédéric Rossif
Image : Georges Barsky
Son : Augusto Galli
Montage : Geneviève Winding
Commentaire et texte choisis par Mando Aravantinou dits par Martine
Sarcey et Pierre Vaneck
Coproduction : Télé-Hachette, Bayerischer Rundfunk
Pays : France

Frédéric Rossif a tenté d’aborder l’oeuvre de Gisèle Freund mais le sujet n’est pas cerné. Veut-il nous faire rencontrer cette grande photographe ? Elle est, dans ce film qui parle beaucoup, bien absente du discours. Le titre "Au pays des visages" donne une autre piste, celle des personnalités littéraires qu’elle a admirablement photographiées, de Joyce à Virginia Woolf en passant par Adrienne Monnier, Walter Benjamin, Malraux. Mais là encore, il y a dispersion dans les citations, les plans de coupe du paysage style calendrier des postes, l’interview d’Asturias, fragment de travail télévisuel, et le rappel fragmentaire de son travail de photoreporter à Paris, en Angleterre. Où sommes-nous ? Au niveau des images et du son, on se retrouve dans le daté, les tics emphatiques des années 50/70 : la présentation "dictionnaire" de tous les auteurs, la voix du commentateur qui martèle les textes, les stéréotypes poétiques, etc. Un film historique que la sensibilité actuelle reçoit avec surprise. A voir parce qu’historique.

Gisèle Freund (1912-2000)
Née en Allemagne, Gisèle Freund arrive à Paris dès que se fait entendre le bruit des bottes. Une enfance dans un milieu de grands bourgeois culturels, collectionneurs, un diplôme de sociologie, un petit Leica, cadeau de son père avant le désastre "lui ouvriront le monde". Elle fera partie de l’agence Magnum, publiera des photos dans "Life" et "Time" et dira "le bon portrait est celui où l’on retrouve la personnalité du sujet et non celle du photographe". Magnifique modestie qui nous permet à tous de reconnaître son regard.

Frédéric Rossif (1922-1990)
Né au Monténégro en 1922. Entre le monde des animaux et celui des hommes, il n’a jamais choisi. De "Mourir à Madrid" (1962) à "La fête sauvage" (1972) il a fait son travail de cinéaste de film de montage, de producteur et de réalisateur télévisuel. Il a réalisé le pire comme le meilleur dans une filmographie abondante et ouverte. Un personnage et une figure intéressante et généreuse du documentaire qui aura connu des moments de grâces cinématographiques.