Berenhaut, Marianne : Les familles de Marianne Berenhaut

Couleur, 2011, 18’
Réalisation : Violaine de Villers
Image : Anton Iffland Stettner
Montage : Déborah Benarrosch
Mixage : Benoit Bruwier
Création musicale : Graham Riach
Texte/Voix : Marianne Berenhaut

Objets inanimés avez-vous donc une âme ? Marianne Berenhaut se raconte des histoires de monstres, imagine la Belgique envahie par les Indiens, collecte parce que « c’est joli », et finalement existe-t-il une raison plus valable ? Petite, vive, les yeux ronds comme ceux d’un hibou, Marianne parle à cœur ouvert, à l’image de sa maison qui accueille tout et tous. Et lorsqu’on lui demande pourquoi, Marianne souffle un peu, esquisse un « oh tu sais… » qui engage un « pourquoi pas ? » Et en effet, pourquoi ne pas garder un petit tampon hygiénique immaculé et le coller près d’un coquillage sur une longue page blanche ? Pourquoi ne pas aligner, en rang d’oignons, ces petits clous de chaises longues qui semblent attendre quelque chose ? Pourquoi ne pas s’émerveiller de ce papier de soie qui, en prenant la lumière, a viré au bleu d’un azur surnaturel ? Car ce qui compte, bien entendu, c’est le regard, et celui de Marianne Berenhaut ne cesse d’enchanter le monde et de nous étonner. Et apprendre à l’autre à regarder, c’est peut-être finalement ça, le but ultime de l’artiste.
Plus que des installations, les œuvres déplacent à la fois les objets et le regard lui-même. Plus qu’une logique créatrice, c’est l’illogisme qui est acte de création.
Et la caméra de Violaine de Villers joue elle aussi, s’attarde sur les pièces de cette étrange maison remplie d’objets hétéroclites comme s’il s’agissait encore d’installations, et tout s’enchante, prend un sens nouveau, nous raconte de nouvelles histoires qu’il ne nous reste plus qu’à inventer nous-mêmes.

Marianne Berenhaut
Chez l’artiste belge Marianne Berenhaut, la récupération n’a pas de connotations péjoratives, c’est plutôt un art de vivre, un art tout court. Sa maison lui sert d’atelier, à moins que ce ne soit le contraire...

Violaine de Villers
Née à Bruxelles en 1947, Violaine de Villers suit les cours de Philosophie à l’Université de Louvain. Elle interrompt ses études universitaires dans l’effervescence des événements de mai 1968 et enseigne dans les humanités supérieures. Elle reprend quinze ans plus tard des études. Depuis 1981, elle écrit et réalise des documentaires à portée politique et des films d’art. Entre l’œil et la main de l’artiste, sa caméra s’attarde, légère, s’étonne d’abord pour nous étonner et s’enchante ensuite pour nous enchanter.