Modigliani, Amedeo : Les authentiques fausses têtes de Modigliani

Couleur, 54’, 2010
Réalisation : Giovanni Donfrancesco
Image : Duccio Brunetti
Son : Federico Cavicchioli
Musique : Les Fils de Teuhpu
Production : Les Films du Poisson
Pays : Italie

Été 1984 à Livourne, ville natale d’Amedeo Modigliani. Sous l’impulsion de Vera Burdé, conservatrice du musée de la ville, la mairie décide de draguer le fond du canal. Elle espère découvrir des sculptures de Modigliani, qui les y aurait jetées soixante-quinze ans plus tôt, vexé, dit la légende, par les remarques désobligeantes de ses amis. Les pelleteuses sont installées et les Livournais, mi-fascinés, mi-goguenards, observent les ouvriers à l’œuvre. On repêche un pot de peinture ("C’est le pot de peinture de Modigliani !" s’écrient les badauds), un vélo, une mobylette ("C’est la mobylette de Modigliani !"), quelques revolvers... mais pas de sculpture. Les recherches infructueuses se prolongeant, trois étudiants décident de façonner leur propre tête, avant de la jeter, la nuit tombée, dans le canal. Dès le lendemain, une œuvre émerge des eaux, immédiatement saluée par les critiques et les historiens de l’art comme une découverte exceptionnelle. Mais une deuxième tête, puis une troisième, sont repêchées. La ville et le monde de l’art entrent en ébullition…Vingt-cinq ans après, Giovanni Donfrancesco ressuscite cette épopée burlesque grâce aux images filmées alors et au récit de ses principaux protagonistes. Un régal.

Amedeo Clemente Modigliani (1884-1920)
Quatrième enfant d’un homme d’affaire ruiné, son enfance est pauvre et malade. A 14 ans, il subit une attaque de typhoïde et deux ans plus tard une tuberculose. En 1902, il s’inscrit à l’école libre du nu, Scuola libera di Nudo à Florence et l’année suivante à l’Institut des Arts de Venise où il fréquente les bas-fonds. En 1906, il déménage à Paris alors le centre de l’avant-garde dans Le Bateau-Lavoir, un phalanstère pour prolétaires de Montmartre. D’abord influencé par Toulouse-Lautrec, il s’inspire de Paul Cézanne, le cubisme et la période bleue de Picasso. En 1909, il fait un court séjour à Livourne, malade et usé par son mode de vie. Il revient à Paris et loue un studio à Montparnasse.
Il découvre l’art nègre et cambodgien au Musée de l’Homme. Ses statues sont reconnaissables à leurs yeux en amande, la bouche en cul-de-poule, les nez tordus, et les cous allongés. Le 3 décembre 1917 a lieu son premier vernissage, mais l’exposition est fermée quelques heures plus tard pour indécence. A cause de problèmes de santé, il doit déménager à Nice avec Hébuterne, qui accouche fin 1918 d’une fille prénommée Jeanne. En mai 1919, il retourne à Paris, rue de la Grande Chaumière. Sa santé se détériore rapidement. Le docteur ne peut que constater son état désespéré. Il meurt d’une méningite tuberculeuse le 24 janvier 1920.