Rue des Petites Maries

Couleur et Noir&Blanc, 11’, 2014
Scénario et image : Laurence Rebouillon
Son et montage : Lise Roure et Laurence Rebouillon
Mixage : Guillaume Limberger
Avec  : Johan Leysen
Compagnie Ex Nihilo : Jean-Antoine Bigot, Anne Lebatard, Anne Reyman et Christophe Schütz
Production : Les productions aléatoires
Distribution : Collectif Jeune Cinéma

Les villes bombardées gardent en leurs murs les traces de la défaite.
Johan, hanté par ses souvenirs, revient dans le quartier de son enfance à Marseille. Là, son jeune amant lui propose une nouvelle forme de lutte : danser dehors. Danser, c’est ce qu’il faut faire...
Le film de Laurence Rebouillon est un précipité éruptif de mouvements et de paroles qui empruntent leur intensité aux manifestations citoyennes et aux fêtes de rue. Une tentative belle et sauvage de dire quelque chose de notre situation contemporaine, d’inscrire dans les corps un « état d’urgence », l’urgence de se réapproprier l’espace public pour faire naître du vivant. Le spectateur lui-même se retrouve pris dans le mouvement, entraîné, enveloppé à la fois par la musique, les mots et l’image en super 8, passant avec liberté de la couleur au noir et blanc avec ce grain qui renvoie au grain de la peau.
Danser, c’est défendre sa fragilité et révéler sa force. Danser c’est habiter des espaces
inattendus, invisibles. Danser c’est un acte politique, c’est être ensemble, bref.. c’est s’aimer et rester vivant.


Compagnie Ex Nihilo
Fondée en 1994, la compagnie Ex Nihilo fait le choix, depuis plus de 20 ans, de travailler à l’extérieur : ce n’est pas un simple glissement du lieu de l’art mais de faire tout à la fois l’expérience d’une rencontre avec un espace, urbain ou naturel, et d’une relation à l’autre, passant, habitant ou spectateur.
C’est alors d’un double déplacement dont il est question ici et tout d’abord, celui de la danse – c’est le mouvement comme « prise d’espace » au milieu du mouvement de la ville et dans l’immensité de l’espace, de la recherche à la représentation et au travers d’une présence soutenue, régulière. Et ensuite, nécessairement, un déplacement des séparations dans la répartition de l’espace et des places de chacun : un partage des territoires de l’art qui ouvre une adresse à un large public.
Enfin, donner à voir la danse dans des lieux inhabituels, c’est aussi donner à voir ces lieux par la poésie même du geste, c’est donc également une expérience du regard.


Laurence Rebouillon
Après des études de lettres et de cinéma à Aix-en-Provence, Laurence Rebouillon se lance dans la réalisation de films atypiques pendant une vingtaine d’années. En 2000, elle s’investie dans la production cinématographique, dans une premier temps, avec la société Les Productions Aléatoires. Structure au sein de laquelle elle réalise ses propres films et produit des courts métrages expérimentaux avec des cinéastes, qui comme elle travaillent en pellicule. En parallèle elle crée une compagnie de théâtre, la Cie LRIR et produit quatre spectacles mis en scène par Isabelle Ronayette. Elle réalise des installations pour des spectacles chorégraphiques de la Cie Ex Nihilo. Dès 2005, elle s’emploie à la distribution et à la programmation de films expérimentaux et vidéos d’artistes au sein du Collectif Jeune Cinéma (CJC). Elle co-dirige plusieurs éditions du Festival des Cinémas différents de Paris. Sa démarches cinématographique entremêle récit et expériementations platiques et sonores.

Ses films sont distribués par le CJC et quatre de ses films ont été montré à la Cinémathèque Française dans le cadre des séances Cinéma d’Avant-Garde en janvier 2013.