Vandenberg, Philippe : Jardin Noir

Couleur, 10’ , 2010
Réalisation : Guillaume Vandenberghe, Raphaël Kolacz
Musique : Thomas Smetryns
Montage : Vincent Coen
Production : Les frères Zarakoff

Ce film expérimental de 10’ tourné en 16mm est la seconde partie de la trilogie consacrée au peintre belge Philippe Vandenberg réalisé par son fils Guillaume accompagné du cinéaste et ami, Raphaël Kolacs. Après "Lettre au nègre" (en 2004) et avant "L’âme est vagabonde" (2015), "Jardin noir" fait une incursion nocturne dans l’atelier du peintre et montre, de manière parcellaire, des matières, des morceaux de toiles, des objets du quotidien comme éclairé par une lampe torche et en noir et blanc. La bande son, elle, distincte de l’image, capture le geste créatif, coups de crayons, de pinceau, ratures ...
Mais peu à peu tout cela échappe, des images d’archives s’invitent dans le champ pour raconter quelque chose de la violence et de l’obscénité du monde, des voix ralentis et accélérés se superposent à des sons non identifiables et sang et peinture se mêlent jusqu’à ce qu’explose la couleur.

Philippe Vandenberg (1952-2009)
Jeune, il découvre dans sa ville natale les œuvres de Bosch et Van de Woestijne. Ses premières peintures montrent une grande technique avec des portraits proches de Lucian Freud. Puis, il est marqué par Goya. Dans les années 80, il connait une belle notoriété avec ses grands tableaux expressionnistes et presque matiéristes. Au début des années 90, sa cote retombe et il en est fort affecté. Il ne cesse d’expérimenter : le noir, le monochrome, peindre avec son sang, faire entrer dans la toile des figures, aller et venir de l’abstraction à la figuration, y inclure de plus en plus souvent des textes sous formes d’aphorismes. Dans les années 2000, il retrouve une belle reconnaissance avec, entre autres, sa rétrospective au Muhka, une expo au musée Rimbaud, une autre à Gand en confrontation avec les maîtres anciens, une présence à l’Armory show de New York, etc, jusqu’à redescendre à nouveau.