Résumé
Gaëtan, la trentaine, pousse une charrette chargée d’objets glanés ça et là depuis des années. De temps en temps, il s’arrête, les empile ou les assemble, pour en faire une œuvre momentanée. Au cours de ses déambulations, un parcours de vie ponctué de vides se dessine en filigranes.
Avis
Dans les rues de Bruxelles, un homme avance lentement, poussant un chargement bariolé, un assemblage hétéroclite d’objets que d’autres ont abandonnés. Sa voix fragile s’élève, livrant quelques vers d’un poème dont il est sans doute l’auteur. Puis, entre deux bouffées de cigarette, il égrène des fragments de son histoire, des dates, des bribes de souvenirs éparpillés, comme on sème des miettes derrière soi.
Cet homme, c’est Gaëtan Wtoreck. Il vit au gré des jours et des lieux, se repose quand il le peut et collecte, dans ses errances, ce que d’autres ont rejeté. Mais pour lui, ces objets méritent soin et attention. Il les enferme dans du plastique fondu, les assemble, les transforme. Ces totems de rebut retrouvent fière allure, affichent leur couleur et une certaine majesté.
Comme eux, Gaëtan se métamorphose sous le regard du cinéaste. Devant un fond vert couleur de grotte, il devient soudain une figure sublime sortie d’un tableau flamand, portant haut barbe et cheveux longs. Et c’est bien tout le propos du film de Daniel Colin, nous dire qu’un regard, une attention sincère suffit à révéler la beauté cachée du monde, à redonner une dignité à ce qui semblait perdu.